Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LE BLOG DE NIOXOR TINE

REFERENDUM PORTANT REVISION CONSTITUTIONNELLE: POSITION INATTENDUE DU P.I.T-SENEGAL

29 Février 2016 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

On en aurait presque les larmes aux yeux devant tant d’esprit de sacrifice et de loyauté à toute épreuve envers le Président de la République !

De vieux adeptes du communisme scientifique, devenus tendres avec le temps, ont décidé, une fois n’est pas coutume, de voter oui au référendum de Macky, devenant ainsi les avocats de politiciens néolibéraux, dont ils tentent d’expliquer voire de justifier les frasques, jusques et y compris les reniements les plus scandaleux.

Que font-ils des sérieuses réserves du groupe des leaders de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (C.D.S), qui ont déploré la démarche solitaire du chef de l’État dans l’adoption du projet de réforme constitutionnelle jugée d’ailleurs insuffisante ?

A qui peut-on donc faire croire que le projet de réforme constitutionnelle proposé au référendum du 20 mars prochain va apporter des modifications substantielles à la Constitution de Wade de 2001 ? N’est-ce pas le président Macky, lui-même, qui lors de son message à la Nation du 31 décembre 2015 a dit vouloir apporter à notre Constitution "les changements consensuels appropriés sans provoquer de  rupture normative dans la nature même de notre régime politique" ?

De fait, tous les Sénégalais de bonne foi, qui se sont tant soit peu intéressés aux Assises Nationales, qu’il s’agisse de membres de la société civile ou d’organisations de gauche sont unanimes à reconnaître le caractère très insuffisant des réformes proposées au référendum du 20 mars prochain.

On ne peut donc qu’être ébahi quand on entend certains idéologues de gauche dire que le projet de réforme constitutionnelle soumis à référendum va dans le sens du projet de la C.N.R.I. initié par Macky et qui serait une concrétisation d’un des objectifs phares des Assises nationales.

En réalité, certains militants de l’émergence citoyenne sont convaincus que le projet de réforme constitutionnelle du président Macky Sall est un ersatz censé endiguer la dynamique citoyenne née des Assises Nationales et neutraliser l’Avant-projet de constitution de la Commission Nationale de Réforme des Institutions bien rangé dans les tiroirs présidentiels.

Accepter, - sans condition et avant toute concertation - le diktat de Macky Sall revient à cautionner une régression démocratique majeure que symbolise d’ailleurs au plus haut point le non-respect de l’engagement à réduire la durée du mandat présidentiel actuel de sept à cinq ans.

Le courage politique aurait consisté à mettre en demeure les alliés de l’APR, dont le candidat s’était engagé entre les deux tours de la présidentielle de 2012, à appliquer les conclusions des Assises Nationales, pour qu’ils reportent la date du référendum et ouvrent des concertations larges et inclusives sur la base  du rapport de la CNRI.

A défaut, l’abstention serait de mise, pour ne pas hurler avec les loups libéraux, qui semblent vouloir faire de l’amalgame, des subterfuges et de l’exaltation fanatique des armes pour diaboliser leur ancien camarade libéral, afin de le destituer, ce qui n'est évidemment pas l'objet du présent référendum.

Ces pratiques infâmes ne doivent cepenant pas conduire les forces de gauche à  cautionner le "coup de force référendaire" de Macky en voulant faire du parti démocratique sénégalais, un ennemi tout désigné du régime de la deuxième Alternance.  En effet libéraux et apéristes continuent de partager beaucoup de valeurs, dont la profonde conviction de la nécessité du maintien aussi bien du statu quo institutionnel que du septennat. Leurs divergences, loin d’être politiques, ont plutôt trait à des contentieux juridiques et juridictionnels, principalement en rapport avec la traque des biens mal acquis.

Il sera difficile d’établir des rapports de force propices à l’éclosion d’une démocratie véritable, si les forces de progrès capitulent constamment devant les forfaitures des politiciens de droite, sous le fallacieux prétexte de solidarité gouvernementale ou de loyauté entre alliés. Un des principes de base de toute alliance politique consiste précisément à s’accorder sur un programme commun clair et précis, que les larges masses populaires doivent s'approprier.

Le manque de fermeté dans les principes a conduit, sous d’autres cieux, à  l’absence de lisibilité du jeu politique, à l’apparition de divers radicalismes, toujours au détriment du camp du progrès social.

NIOXOR TINE

Commenter cet article