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LE BLOG DE NIOXOR TINE

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. LA GAUCHE SÉNÉGALAISE N’A PAS ABDIQUÉ

14 Février 2019 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. LA GAUCHE SÉNÉGALAISE N’A PAS ABDIQUÉ !

Vendredi, 15 Février, 2019

Félix Atchadé, Sette Diop et Mohamed L. Ly, Membres du Parti de l’indépendance et du travail (PIT) du Sénégal

C’est une première dans l’histoire du Sénégal contemporain ! L’élection présidentielle du 24 février 2019 se tiendra sans la gauche ! Les voix de la gauche sont neutralisées et totalement absentes des débats publics.

Cette situation inédite est la conséquence de manœuvres politiciennes et de l’instrumentalisation de la justice par le président candidat à sa réélection, Macky Sall. Les directions des partis de gauche (PIT-Sénégal, LD, etc.) accompagnent le régime dans sa dérive autoritaire, rompant ainsi avec une longue tradition de résistances aux politiques néocoloniales et néolibérales et de lutte pour les conquêtes démocratiques. Elles sont dans le gouvernement de Macky Sall et comptent y rester. Que le pouvoir incarne à la caricature la Françafrique ne retient pas leur attention. Elles font le pari que la manipulation du fichier électoral, la distribution sélective des cartes d’électeur aux Sénégalais permettront de sauver la mise à un président rejeté par les forces vives de la nation. Le président candidat a été élu en 2012 en ralliant à sa cause les partis de gauche sur la promesse d’instaurer « une gestion sobre et vertueuse » dans les affaires de l’État, d’appliquer les conclusions des assises nationales qui ont rassemblé, au-delà des partis, les secteurs les plus représentatifs de la société sur la base d’un diagnostic complet de la situation du pays depuis son indépendance en 1960. À l’épreuve du pouvoir, ces promesses se sont révélées fallacieuses. En avril 2018, il portait le coup de grâce à la démocratie sénégalaise en faisant voter, sans débats, par des députés godillots une loi dite de « parrainage citoyen », dans le but d’éliminer plusieurs de ses adversaires, candidats aux prochaines présidentielles, d’affaiblir les partis politiques et de faire le lit de la ploutocratie.

Les apparatchiks de la gauche sénégalaise alliés à Macky Sall présentent sa politique économique et sociale comme répondant à une volonté de lutter contre les inégalités et d’instaurer un régime d’équité et de justice sociale. La réalité est bien loin de tout cela. La propagande officielle complaisamment relayée par les institutions financières internationales présente une situation macroéconomique reluisante. Cette prétendue croissance, fruit d’artifices comptables et de mensonges d’État, ne se traduit pas par une amélioration des finances publiques. Pour preuve, l’État étrangle le peu d’entreprises nationales en étant incapable d’honorer ses dettes, du fait de fortes tensions de trésorerie. La pauvreté augmente comme en témoignent ces nombreux jeunes bravant la mort, dans les déserts et océans. Le programme de couverture maladie universelle, lancé à grand renfort de publicité en 2012, n’a pas atteint les objectifs fixés. Le régime a engagé le pays dans une politique d’endettement inconsidéré pour financer des projets de prestige sans aucun impact sur la structure de l’économie sénégalaise et l’emploi.

S’il est vrai que le pouvoir a vassalisé les appareils des partis de gauche, il n’a pas réussi à annihiler chez les militants et les démocrates la ferme volonté de travailler pour l’avènement d’une société démocratique et de justice. Ils sont nombreux les camarades qui, comme nous, ont choisi la lutte pour évincer Macky Sall du pouvoir et saisir le rendez-vous de l’histoire, ce 24 février 2019.

 

 

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Cheikhou 17/02/2019 17:07

En partage ce texte du Secrétariat du PIT-Senegal à la Rédaction du journal l'HUMANITE.
Monsieur le Directeur

Par la présente, le PIT réclame un droit de réponse suite à un article publié dans la rubrique « En débat#Sénégal#tribunes » où le parti a été nommément cité, en des termes peu élogieux, par des camarades en rupture avec les orientations et la politique du P.I.T/ Sénégal depuis au moins un an.
Non contents d’avoir été mis en minorité au sein des instances dirigeantes du parti telles que le VI ème congrès et le Comité central, ce petit cercle déplace aujourd’hui son combat solitaire sur le plan international, voulant donner à sa forfaiture un semblant de crédibilité. Ce qui est peine perdue car comme toujours, les masques finissent par tomber.
Le PIT, tout le monde le sait au Sénégal, fonctionne sur des bases démocratiques. Autrement dit, une fois qu’une décision est prise par la majorité, toutes les militantes et tous les militants sont tenus de l’appliquer conformément aux dispositions statutaires du parti Ce à quoi veulent manifestement se soustraire nos trois promeneurs solitaires.
Le PIT vient de loin et a aujourd’hui soixante-deux ans. Il a traversé bien des péripéties. De sorte que cette accusation de soutien à un parti libéral est tout sauf originale. Déjà, en 1978, on accusait le PIT de trahison de la Gauche pour avoir soutenu Abdoulaye Wade contre Senghor. Il a fallu dix ans pour que ses contempteurs comprennent que le P.I.T-Sénégal avait une stratégie d’alliance basée sur l’analyse concrète d’une situation concrète que leurs lubies empêchaient de voir. Ils nous rejoindront en 1988 dans le cadre d’une alliance avec WADE. Pour rappel, cette année-là, pour la première fois, le régime néocolonial du Sénégal frôlait une cuisante défaite…
Dix ans plus tard, le reste des forces de Gauche hésitantes nous ont donné raison. Ainsi naissait le « Pôle de Gauche », précurseur de la grande coalition de la « C.A 2000 » qui a mis fin au régime du Parti Socialiste du Sénégal, responsable de la gestion néocoloniale du pays depuis 1960.
Mais le compagnonnage avec Abdoulaye Wade ne dura que le temps d’une rose en raison des graves entorses faites aux ententes fortes dont nous avions convenu pour gérer le pays.
Les conséquences ont été lourdes pour notre pays. En 2011, le Sénégal a failli basculer dans la guerre civile. Il a fallu une stratégie intelligente pour mobiliser le peuple et faire face. Les élections de mars 2012 ont sonné le glas qui a mis fin aux turpitudes du vieux monarque aux petits pieds qui n’a jamais digéré sa cuisante défaite, pas plus qu’il n’a remisé son projet de mettre le pied à l’étrier à son fils Karim. Malheureusement, au lieu que nos trois illuminés d’une « Gauche propre » mesurent aujourd’hui la gravité de l’intrusion d’un vieillard de 94 ans dans la campagne électorale en cours, intrusion émaillée de violences suivies de morts d’hommes, ils font dans la diversion. Comme s’ils étaient un levier dans le dispositif mortifère d’Abdoulaye Wade…
Et cela, dans un contexte où le Sénégal est en proie à la convoitise des lobbies pétroliers et gaziers depuis la découverte d’importants gisements sur ses côtes. Or, tout le monde sait ce qu’il peut en advenir, à l’exemple de ce qui se passe au Venezuela...
L’accusation de compagnonnage avec le soit disant libéral Macky Sall rappelle donc, comme indiqué plus haut, les mêmes propos tenus sur le parti en 1978.
Macky Sall est traité par nos trois illuminés de libéral là où d’autres le chargent pour connivence avec des communistes, bloquant le prix des denrées de première nécessité depuis 7 ans, baissant la fiscalité sur les salaires, augmentant l’impôt sur les sociétés et suscitant l’ire du FMI et de la Banque mondiale, augmentant le SMIG, diminuant le prix de l’essence et du gasoil, augmentant substantiellement les pensions des retraités, sortant le pays des ténèbres en électrifiant y compris les hameaux les plus reculés, donnant de l’eau potable à ceux qui n’en ont jamais bénéficié depuis 1960, désenclavant les régions intérieures par une politique volontariste en matière d’infrastructures routières, ferroviaires, maritimes, aériennes ; instituant la « Couverture Maladie Universelle » qui prémunit les populations des endémies et pan endémies connues ailleurs... Et tout ceci en l’espace de 7 ans.
En dépit des remontrances du FMI et de la Banque Mondiale qu’on ne peut accuser de sympathie envers les actuelles politiques publiques développées par le gouvernement de « Bennoo Bok Yaakar » (BBY), le Président Sall demeure constant dans sa volonté de traduire sa vision de « l’équité territoriale » et de l’« inclusion sociale.»
Alors, si c’est cela le libéralisme, le P.I.T Sénégal est preneur. N’en déplaise aux revanchards et autres valets des puissances d’argent qui jettent aujourd’hui leur dévolu sur ce petit pays de la Téranga dont les réserves pétrolières font saliver plus d’un.
Le Sénégal avance lentement mais sûrement sur sa propre voie de développement intégral. Et pour le PIT, il n’y a que cela qui importe : tout le reste étant véniel.
Dakar le 15 février 2019
Le Secrétariat du Comité central