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LE BLOG DE NIOXOR TINE

CHANGEMENTS ATTENDUS DE L'ELECTION D'OBAMA

7 Mai 2009 , Rédigé par nioxor_tine Publié dans #POLITIQUE INTERNATIONALE

PRESIDENCE US: SIMPLE CHANGEMENT 

DE COULEUR?

 

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L’élection du premier président d’origine africaine à la Maison Blanche aura suscité beaucoup de fierté au sein de la communauté noire mondiale mais aura également éveillé beaucoup d’espoirs au sein de larges couches populaires de la société américaine. Un mois après le jour de l’élection, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur la volonté de rupture de Barack Obama, au vu des actes posés dans la constitution de son équipe gouvernementale.


DES QUESTIONS QUI FÂCHENT !


         Aura-t-il donc fallu attendre le 21ième siècle pour enfin comprendre que le rêve américain d’une égalité de chances de tous les citoyens américains devant le suffrage universel n’était et ne demeure que pure illusion ?  Combien de fusées et de missiles la technologie américaine de pointe aura-t-elle dû envoyer dans l’espace, pour que les sciences sociales puissent enfin permettre de comprendre qu’un citoyen américain de race noire est aussi capable que n’importe quel autre citoyen de ce grand pays de conduire les destinées de ce pays d’immigrants ? Fallait-il donc assassiner des leaders pacifistes comme Martin Luther King, des dirigeants fougueux et batailleurs comme Malcom X pour en arriver à la conclusion qu’un descendant d’Africain pouvait diriger la première puissance mondiale ? Combien de nègres le Ku Klux Klan devait-il donc pendre pour que les Africains Américains méritent enfin de succéder à des attardés mentaux, dont la seule qualité est d’être les héritiers d’une dynastie de brigands, qui après avoir servi de banquiers aux dirigeants du troisième Reich, ont contribué à bâtir un complexe militaro-industriel, qui tel un vampire se nourrit du sang de peuples opprimés, auxquels il fournit des armes de destruction massive et réciproque » ?

Au-delà de tout sentiment de révolte bien compréhensible au demeurant, il est clair que le capitalisme est intrinsèquement porteur d’injustice et d’iniquité et que la ségrégation est avant tout un problème social avant que d’être un problème racial.


UNE CRISE SANS PRECEDENT DE LA SOCIETE AMERICAINE


Le premier mérite de l’élection de Barack, au-delà de sa couleur de peau, est d’avoir mis fin au règne d’une dynastie infâme, qui n’aura pas hésité à sacrifier la vie de milliers de leurs compatriotes défavorisés, issus de couches populaires, noirs ou provenant de l’immigration récente, plus ou moins légale, principalement sud-américaine et désireux d’apporter des gages de patriotisme et d’aptitude à l’intégration à « l’american way of life », en s’engageant dans l’armée nationale.

La crise financière en cours est venue couronner huit années de gouvernance maffieuse centrée sur les intérêts du lobby militaro-industriel, qui n’aura reculé devant aucune infamie (fraude électorale en 2000, mise en scène d’attentats en septembre 2001, mensonges éhontés pour déclencher la guerre en Irak, adoption de lois scélérates comme le Patriot act…). Au désordre politique qui en a résulté est venue se greffer une dépression économique, due non seulement à la nature de plus en plus spéculative du capitalisme (confronté à la baisse tendancielle du taux de profit) qu’aux coûts exorbitants des guerres en Afghanistan et surtout en Irak. Tout cela a abouti à une détérioration de l’image des Etats-Unis et à une paupérisation sans précédent des couches populaires de la société américaine, un moment envoûtées par les prêts immobiliers consentis aux ménages modestes et peu solvables, mais qui se sont révélés être de la poudre aux yeux. Bref, la société américaine vit une crise sans précédent, dont l’ampleur est inversement proportionnelle à l’engouement dont a bénéficié la campagne électorale d’Obama, concrétisé par l’extraordinaire travail de sensibilisation abattu par un vaste réseau de volontaires et par l’implication de larges couches populaires dans  le financement de sa campagne.


POLITIQUE DE RUPTURE OU SIMPLE REPLÄTRAGE ?


Il faut  dire que la dynastie BUSH, en plus des bombardements de son armée en Afghanistan et en Irak, sera allée trop loin dans la diabolisation du monde musulman, pour marginaliser des minorités religieuses à l’intérieur même des USA, simplement sur la base de leur foi,  de leurs convictions idéologiques et non sur des menaces avérées qu’elles feraient peser sur la sécurité nationale, alors même que les banques américaines sont remplies de pétro-dollars arabes.  Ce sectarisme de la dynastie, qui préside aux destinées de ce pays depuis huit ans met en danger les intérêts des secteurs lucides de la bourgeoisie américaine. Est-ce cela qui a conduit les stratèges du « parti démocrate », à la conclusion, que seul un candidat issu des minorités était à même de remobiliser leur électorat populaire désabusé pour faire face à la « menace économique chinoise » de plus en plus précise et à la réunification des pays européens, de plus en plus enclins à  se constituer en  pôle autonome.

Dans tous les cas, il est de plus en plus manifeste, que la volonté de rupture clairement manifestée par le peuple américain et dont l’élection d’un président « africain-américain » a pour ainsi dire annoncé la couleur risque de tourner court, eu égard aux échos provenant de la constitution de l’équipe devant appuyer le nouveau président dans ses nouvelles fonctions.

La nomination de Mme Hillary Clinton comme secrétaire d’Etat n’augure rien de bon pour tous ceux qui aspiraient à voir la politique étrangère américaine changer de direction. La matérialisation de la promesse de retrait des troupes américaines d’Irak risque d’être renvoyée aux calendes grecques, à cause de la reconduction de l‘actuel secrétaire d’Etat à la Défense, Mr Robert GATES.

Ce n’est pas faire insulte à Barack Obama, que de penser, que malgré ses mérites personnels, il aura pu servir d’instrument en vue d’un réaménagement des forces politiques pour préserver les intérêts du capitalisme américain.

Au risque de naviguer à contre-courant de l’opinion publique africaine, nous dirons qu’Obama est appelé à n’être que le nième « nègre-alibi » dont se sera servi la bourgeoisie américaine pour faire exécuter ses basses besognes par des personnes bien intentionnées mais candides.

A moins qu’il ne trouve le courage de s’appuyer sur les secteurs progressistes de la société américaine pour opérer les ruptures attendues de sa présidence.
                                                                                                             MILLY - DECEMBRE 2008

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