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LE BLOG DE NIOXOR TINE

CHRONIQUE DE COLERES CITOYENNES PAR MOHAMED LAMINE LY

31 Décembre 2012 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

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RESUME DU LIVRE : CHRONIQUE DES COLERES CITOYENNES AU SENEGAL

(Réflexions sur l’expérience démocratique sénégalaise après l’Alternance de 2000)

ü      L’auteur, Dr Mohamed Lamine LY est né à Matam.

Il  a fait ses études primaires à Matam, Diourbel et Ziguinchor, au gré des affectations de son fonctionnaire de père. Il a, ensuite, fréquenté le lycée Lamine Guèye. Il avait l’habitude de passer ses vacances scolaires, chez ses grands-parents à Matam, où régnait une atmosphère de défiance par rapport au pouvoir senghorien mal vu par certains de ses grands oncles, pour la plupart, d’anciens compagnons de Mamadou DIA. Lors de leurs nuits blanches, l’auteur en compagnie de ses petits oncles, cousins et amis se délectait des discours de Sékou Touré diffusés par la ″Voix de la Révolution″, entre deux tasses de thé ou de lait…

Bien plus tard, le docteur Ly arrivera à l’Université, juste après la grande grève de 1977, alors que l’Université était encore régie par le Statut Provisoire, qui restreignait considérablement les libertés démocratiques. Entretemps, Abdou DIOUF accédait au pouvoir et lâchait du lest pour occulter le caractère illégitime de son accession au pouvoir et contenir la défiance des barons socialistes. Il s’empressera d’instaurer l’ouverture démocratique, reconnaissant tous les partis, qui en faisaient la demande et de convoquer les Etats Généraux de l’Education et de la Formation, d’où émergera la décision de levée du Statut Provisoire et le rétablissement de la représentation des étudiants dans les conseils de faculté, dans l’Assemblée de l’Université et plus tard, au sein du Conseil d’Administration du COUD. A ce titre, l’auteur siègera au Conseil de la Faculté de Médecine et sera suppléant au Conseil de l’Université.

Après les études médicales, il ira se spécialiser en microbiologie médicale, en République Démocratique Allemande, où dans un contexte de perestroïka et de glasnost initié par Gorbatchev, il a vécu une expérience certes traumatisante au plan politique (chute du mur de Berlin) mais néanmoins exaltante. De retour au pays natal, il rejoint la Fonction Publique, pour servir, en tant que médecin de santé publique à Ziguinchor, Thiadiaye, Yoff et Médina. Militant actif du SUTSAS, où il a eu à occuper la fonction de secrétaire chargé de la politique de santé de 1998 à 2007, il a eu maille à partir avec des notabilités politiques membres du parti socialiste et même de hautes autorités du Ministère de la Santé.

ü  Cet ouvrage comprend trente-quatre contributions, toutes rédigées par le Dr Mohamed Lamine LY dit Issa, qui n’en a signé que sept de son propre nom et dix-sept autres sous divers pseudonymes, dont celui de Nioxor Tine.

En 2000, le peuple sénégalais venait de sortir de terribles années d’ajustement structurel, qui avaient exacerbé la demande sociale, mais qui étaient néanmoins marquées par certaines concessions du président Abdou Diouf, sur les questions ayant trait à démocratie représentative et à l’implication de forces politiques diverses à la gestion des affaires publiques. C’est d’ailleurs cela qui facilitera la survenue pacifique de l’Alternance historique de mars 2000. Après avoir fait sauter le verrou du Parti-Etat socialiste cinquantenaire, qui avait pris le Sénégal et son président en otage, WADE et ses alliés disposaient, désormais, d’énormes potentialités pour l’instauration d’une bonne gouvernance et d’une véritable émergence économique. Hélas, très vite, tous les hommes de raison se rendirent compte, que les électeurs sénégalais loin d’avoir choisi l’homme qu’il fallait pour conduire les ruptures attendues, devaient se contenter d’un président par défaut, qui fera main basse sur toutes les institutions de la République. L’auteur, se prévaut du statut de simple militant politique et non de politologue car n’ayant jamais fréquenté les facultés de sciences politiques, même s’il milite depuis plus de trente ans au PIT-Sénégal. Son ouvrage est divisé en quatre grandes périodes:

-          Première période de mars 2000 à février 2007: du Parti-Etat socialiste au Parti-Etat libéral, le temps des reniements

-          Deuxième période: de la ″victoire électorale″ des libéraux en mars 2007 a leur défaite politique en mars 2009, le temps des assises

-          Troisième période du 19 mars 2011 au 25 mars 2012 : le temps des révoltes citoyennes

-          Quatrième période : à partir du 25 mars 2012, le temps des ruptures attendues

          Après des décennies de lutte pour un scrutin transparent, l’élection présidentielle de 2000 a finalement satisfait à des normes minimales de régularité, sous la contrainte du mouvement démocratique et populaire, malgré un fichier électoral tronqué, permettant ainsi l’Alternance au sommet de l’Etat. Moins deux mois après le 19 mars 2000, certains observateurs avertis  de la scène politique  s’étaient rendu compte du fait, que le Président WADE avait déjà tourné le dos aux engagements auxquels il  avait souscrits dans le cadre du programme de la CA2000. Visiblement, le leader du PDS sous-estimait l’importance des questions institutionnelles, aidé en cela, par la dislocation du pôle de gauche. Vint alors le référendum sur la nouvelle constitution, qui allait susciter beaucoup de déception au sein des forces de gauche, car la Constitution de WADE, approuvée à 94%, allait surtout raffermir le pouvoir présidentiel. Ce contexte d’unanimisme béat ne fera que consolider les velléités dictatoriales du nouveau Président, qui s’attelait déjà à poser méthodiquement les jalons d’un « despotisme éclairé ». En effet, après avoir abusivement renforcé la composante majoritaire du mode de scrutin, au détriment de celle proportionnelle, promu la transhumance, en débauchant des centaines de responsables du parti socialiste, Wade va rompre avec tous ceux qui osaient contester son leadership, notamment son Premier Ministre Niasse, le 03 mars 2001, un peu plus de trois mois après le limogeage d’Amath Dansokho, le 23 novembre 2000. Il créait toutes les conditions de sa mainmise sur l’Assemblée Nationale, obtenant ainsi une majorité écrasante mais précaire. Le livre évoquera la genèse du plan Jaxaay et le naufrage du Joola comme emblématiques de la nouvelle gouvernance wadiste.

          L’auteur refuse tout débat sur la régularité des élections présidentielles du 25 février 2007, qui ont donné lieu à un achat de conscience, à une échelle quasi-industrielle, de la part du parti démocratique sénégalais et ses alliés, et ce jusqu’au jour du scrutin. Il incrimine plutôt la division des partis de l’Opposition avec quatorze candidats déclarés et la passivité dont ils auront fait montre devant les manœuvres frauduleuses des libéraux comme facteurs déterminants dans la reconduction du président sortant. Si l’organisation du sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), qui s'est tenue à Dakar du 7 au 14 mars 2008 à Dakar, a joué un certain rôle dans la réélection du président WADE en février 2007, en faisant croire à des électeurs naïfs, qu’il fallait laisser ″le Vieux terminer ses chantiers″, elle va également symboliser le début du reflux pour la galaxie wadiste. Ainsi, on assiste à l’échec de la tentative de faire de ce sommet une rampe de lancement pour le ″prince héritier″, Karim Wade. C’est également, le début de la disgrâce de Macky Sall, coupable de vouloir tirer au clair cette ténébreuse affaire autour des chantiers de l’ANOCI, et de sa traversée du désert jusqu’aux élections présidentielles de 2012, qui ont vu  son accession à la magistrature suprême.

          Du fait de l’abîme social concomitant au sommet islamique, on assiste à une défiance populaire symbolisée par la révolte des marchands ambulants et qui conduit les forces d’opposition politique à faire une introspection et à inventer une nouvelle manière de s’opposer à une autocratie en gestation. C’est ainsi que le Front Siggil Senegaal, en accord avec la société civile et une partie de l’opposition parlementaire, va lancer les Assises Nationales, qui ont été perçues par les militants de gauche et les démocrates sincères de notre pays comme une bouffée d’oxygène.

La victoire amère  des libéraux aux élections locales de mars 2009  enjoignait aux patriotes de se mettre à la hauteur des exigences populaires et marquait le début de la fin pour le régime libéral, de plus en plus contesté, non seulement à cause des velléités de dévolution monarchique du pouvoir, dont on l’accusait, mais aussi de la non-satisfaction de la demande sociale. La Coalition SOPI fera moins de 40% des voix et perdra dans toutes les grandes villes et agglomérations significatives. Devenu politiquement minoritaire, le président Wade, au lieu de prendre des mesures politiques idoines, comme cela se fait dans toutes les démocraties ″majeures″ – en participant au processus des Assises Nationales ou en faisant des concessions politiques significatives – choisira de s’enfoncer dans les méandres de la corruption et de la mal-gouvernance (affaire Alex Segura) et deviendra le parrain de personnages controversés et haut en couleurs comme Dadis Camara.

Les révoltes citoyennes vont prendre le relais de la défiance populaire. Le contexte, en ce mois de mars 2011 était marqué par l’apparition du mouvement Y’EN A MARRE, né deux mois auparavant, la chute du régime de Ben Ali en Tunisie et les affrontements épiques à la place TAHRIR en Egypte, sans oublier la crise ivoirienne. En juin 2011, le Président WADE, perdant son sang-froid, à mesure que s’approchait l’échéance fatidique des présidentielles de 2012, faisait adopter en Conseil des Ministres un projet de loi constitutionnelle instituant « le ticket de l’élection simultanée au suffrage universel du président et du vice-président de la République » et permettant au ticket venant en tête de l’élection et réunissant au moins 25% des suffrages exprimés de remporter la compétition électorale, ce qui équivalait, de fait, à la suppression du deuxième tour de l’élection présidentielle. Mais le peuple souverain opposera une fin de recevoir catégorique à cette grossière tentative d’escroquerie politique, en cette mémorable journée du 23 juin 2012. L’ouvrage reviendra longuement sur les diverses péripéties entre cette journée et l’élection présidentielle de février 2012, en parlant aussi bien des manœuvres du camp libéral pour imposer un troisième mandat de Wade que des dissensions au sein de l’Opposition qui semblait parfois privilégier des intérêts crypto-personnels. Heureusement, grâce à la société civile et aux mouvements citoyens, particulièrement le mouvement du 23 juin et le groupe Y’EN A MARRE et certains partis de gauche, la flamme de la contestation citoyenne va être préservée jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle. C’est ainsi que les manifestations qui se tiennent, sans discontinuer, sur toute l’étendue du territoire national, mais plus particulièrement au niveau des places de l’Indépendance et de l’Obélisque seront déterminantes dans la défaite du camp libéral. Une fois encore, le peuple sénégalais déjouera tous les pronostics annonçant une situation post-électorale apocalyptique.

Dès l’annonce de la tenue du deuxième tour, la classe politique, trop occupée dans ses repositionnements autour du nouvel homme fort, va porter sur les fonts baptismaux, la Coalition Bennoo Bokk Yakaar, qui allait se constituer sans aucune garantie programmatique. Quelques voix, vite étouffées, tentent d’alerter les forces de gauche, qui déjà en 2000, avaient été abusées par le président WADE, afin qu’elles puissent avoir leur propre agenda politique et cessent de privilégier l’alliance à tout prix  avec des partis de la mouvance socio-démocrate ou d’obédience libérale sur l’élaboration d’une véritable plateforme de gauche.

Dans la conclusion de l’ouvrage, l’auteur en appelle ces forces de gauche, à œuvrer pour l’extension des principes et normes de bonne gouvernance au sein des partis de gauche eux-mêmes et des organisations de masse, à se battre pour un Code électoral plus juste et à travailler pour une alternative véritable, au profit des couches populaires, en alliance avec les forces citoyennes émergentes.

 

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