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LE BLOG DE NIOXOR TINE

CONFERENCE DE PRESSE DES JEUNES DU M23

24 Août 2013 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #JEUNESSE

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Texte liminaire DE LA Conférence de presse de la Commission «Orientations et Stratégies » des Jeunes du M23

La commission «Orientations et Stratégies», toujours égale à elle-même, dans sa mission d’alerte et son rôle d’avant-gardiste pour la mise en avant des intérêts des populations, dans son choix de dénoncer certains manquements, dérives et abus du pouvoir, se réjouit de retrouver l’opinion sénégalaise. Ceci, pour continuer à combattre avec une détermination sans équivoque, toute démarche de nos gouvernants allant dans le sens d’annihiler toutes les chances de consolidation de la démocratie et pour la rationalisation dans la gestion des affaires publiques, le vrai retour des vertus au cœur de la République.

C’est tellement vrai pour nous que lorsque pour certains ce fut une « obligation » d’aller répondre à l’appel du président de tous les Sénégalais et disposer de l’argent du contribuable, on a su raison garder et nous référer à nos convictions et principes pour nous démarquer de ces pratiques nébuleuses tendant à causer la soumission et l’assujettissement d’une organisation qui se doit d’être distante des pouvoirs publics afin de jouer pleinement son rôle de vigie et prendre en charge les intérêts de la nation.

Nous regrettons, nous désolons et condamnons fermement ces comportements tendant à encourager la corruption et discréditer l’image et l’action citoyenne aux yeux de l’opinion. Interdire l’accès à la place Soweto à des jeunes qui ont porté le combat avec ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui et qui ont préféré aller festoyer au CICES, est la meilleure manière de prouver que Macky Sall s’inscrit dans une dynamique de continuité et non de rupture en termes de droits et libertés.

Notre reconnaissance à ces jeunes qui avec nous, ont dit non à la répression arbitraire, à la privation de libertés d’expression et de mouvement pour exiger le respect des droits et libertés consacrés par la charte fondamentale de notre pays.

Merci à ces Sénégalais qui, en ce jour symbolique de commémoration du 23 Juin ont élevé la voix pour défendre la démocratie ainsi qu’à la presse sénégalaise dans son ensemble !

Parlant des inondations même s’il faut reconnaitre que c’est un phénomène naturel cyclique, même s’il faut  reconnaitre la légèreté et l’irresponsabilité du régime précédent dans sa gestion qui a englouti des milliards sans résultats efficients, même s’il faut reconnaitre la volonté et les efforts de l’actuel régime en termes de réalisations, d’opérations d’assainissement, de curage, la mise en place d’un programme décennal etc. nous déplorons grandement le manque de politique et de vision préventive, d’actions efficientes de la part de l’autorité.

La gestion des inondations ne doit pas constituer une vache laitière pour certains prédateurs encore moins une occasion de propagande pour le Président Macky Sall, pataugeant ostentatoirement dans les eaux, aidé en cela par un Khadim Diop plus prompt à parler qu’à poser des actes significatifs. Sans parler de la RTS qui, malgré son statut de service public, est retournée à ses fonctions d’outil de propagande au service d’un pouvoir qui l’utilise comme de l’opium pour endormir le peuple.

Babacar Diagne doit rire sous cap, lui qui était indexé de partout par les fameux leaders de la lutte de libération du peuple, voit aujourd’hui Racine Talla lui damer le pion, sinon faire pire même. Nous encourageons l’Etat pour les efforts commis et lui demandons d’être plus solennel dans la résolution de ce problème crucial pour préserver la dignité des populations éprouvées. Non sans exiger néanmoins, la lumière sur l’utilisation des ressources récoltées l’année dernière en pareille situation par Mbaye Ndiaye. Que Macky Sall évite de patauger l’année prochaine dans les mêmes eaux, les mêmes lieux, comme il l’a déjà fait pour ces deux saisons !

Des efforts salutaires ont été constatés dans l’un des secteurs les plus instables du pays et cela depuis des décennies, il s’agit bien sûr du secteur éducatif et plus précisément, de l’enseignement supérieur. Nous saluons la tenue des Assises sur l’Enseignement supérieur et l’esprit de concertations et de consultations qui a prévalu dans la démarche mais surtout, ces différents projets de renforcement structurel et la diversification des orientations qualifiantes et professionnelles issus des discussions. Par ailleurs, nous demandons à l’Etat sénégalais de tenir compte des revendications syndicales, de s’inspirer d’avantage des réalités sociales du pays, de la situation d’extrême pauvreté de certaines couches et la situation précaire des étudiants pour jouer pleinement son rôle de garant et de pouvoir public devant poser les jalons de politiques effectives et rassurantes par le respect de ses engagements. Sans oublier de discuter avec les étudiants sur les frais d’inscriptions qu’ils jugent hors de portée.

La volonté et l’action du gouvernement de combattre la délinquance financière pour garantir une économie stable et croissante, une politique de répression des délits économiques et la sanction sévère de ces actes sont non seulement des exigences sociales et populaires, mais surtout, un des rôles fondamentaux de l’Etat de droit. Sans compter l’entrée en jeu de facteurs tels que la reddition des comptes, la redevabilité, la transparence d’une part, l’exigence d’une utilisation juste, objective et rationnelle des deniers publics par les populations, la responsabilité de l’Etat comme arbitre d’autre part.

Publier les rapports si discrétionnaires de l’IGE, une première au Sénégal est un acte fort allant dans ce sens. Cette initiative peut entrer dans le cadre d’une politique de transparence et renforcer la volonté de bonne gouvernance affichée et proclamée par Macky Sall. Mais, le droit de réserve sous-tendu par les propos du Président de la République ne nous rassure guère en ce sens qu’il pourrait faire usage injuste et intéressant de certains dossiers et en tirer profit au détriment de l’intérêt général. C’est pourquoi, nous revendiquons la mise en place d’un organe autonome qui regroupera tous les corps de contrôle et le délogement de ces derniers de la Présidence de la République. Il est inacceptable que le président de la République soit juge et partie, idem pour la ministre de la Justice. S’ils acceptaient de démissionner du parti au nom de la patrie, ce serait plus rassurant.

La proposition de la ministre de la Justice portant sur la réforme du code pénal et consistant à rendre inéligible pour dix ans les coupables de ces délits est un autre fort, certes. Néanmoins, des inquiétudes surgissent quant aux réelles motivations de cette dernière. La possibilité injuste de faire un usage «politicien» de cette disposition une fois en cours, le contexte politico-juridique que vit le Sénégal, le conflit entre le ministère de la Justice et les Magistrats, la posture partisane de la porteuse de cette idée, rendent la question subtile et nous laissent perplexes et dubitatifs. En plus, beaucoup de questions nous assaillent. Qui s’est enrichi illicitement ? Quel est le rôle des fonds politiques dans cette situation ? Nos gouvernants, le Président de la République en premier, ne doivent-ils pas justifier et prouver l’origine licite et légale de leur fortune ? Beaucoup de préoccupations qui méritent des réponses claires. L’importance de la question requiert plus de vigilance et de lucidité et en appelle à un débat de fond.

L’aveu du président de la République concernant le code des Marchés publics est de taille. Pour quelqu’un qui en fait un de ses thèmes favoris de campagne électorale, défendre le recours au « Gré à gré » relève d’une inconstance, et renseigne sur la nature versatile de nos gouvernants même si cela est permis par la Loi. D’ailleurs, il en était ainsi quand Macky et ses partenaires soumis et avenants, de « BENNOO BOK BEUG-BEUG » nous haranguaient pour dénoncer tous les vices contenus dans ces pratiques, lorsqu’il s’agissait de combattre le régime et la démarche gabégique de Wade. Ce recul est incompatible aux prétentions et principes de transparences et de bonne gouvernance. Admettons-le. Recourir au « Gré à gré » encourage et favorise l’enrichissement illicite, la concussion et la corruption. C’est une pratique condamnable, aux antipodes de la transparence et la bonne gouvernance et nuisible à notre économie. En sus, l’excuse fournie, est trop légère. Parlant d’appel-d’offre, d’urgences et de livraisons, l’Etat est assez outillé pour recourir aux institutions qui ont promulgué ce code, pour de nouvelles orientations concertées, gages de transparence et de traçabilité. Nous-en appelons à la responsabilité des récalcitrants et demandons au ministre de la Bonne gouvernance et aux leaders de Bennoo Bokk Yakkar, de dénoncer ces pratiques avec la même verve comme il fut du temps du « Maître ».

L’Acte trois de la Décentralisation suscite un débat intéressant dans le pays. Cela est synonyme d’une démocratie active allant dans le sens de la responsabilisation des populations dans le cadre des compétences transférées. Une suite logique du projet de mise en place du Haut Conseil des collectivités locales et la promotion de la Gouvernance locale. Ceci, pour une gestion réellement inclusive et participative des masses dans la résolution de leurs problèmes et l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est pourquoi, nous préconisons l’implication effective de ces couches concernées. Le préalable doit être le dialogue et la consultation. Des discussions en profondeur avec les populations pour en arriver à des décisions consensuelles. L’évaluation des résultats de l’Acte deux, depuis 1996 doit être faite pour situer les carences et les améliorations à y apporter. Il ne s’agit ni plus, ni moins d’un regroupement d’experts pour réfléchir en l’absence des populations concernées, ou de calquer la démarche sur des lois françaises conçues à partir de leurs réalités. Le Sénégal a ses us et coutumes, des réalités, des traditions et cultures aussi bien psychologiques et régionaux qui une fois mis à concours, pourraient servir de fer de lance et de pilier à cette orientation administrative et rendre à la longue les résultats efficients. Encore une fois, nous demandons au pouvoir de mettre en place un large cadre de concertation, avec l’ensemble des franges susceptibles d’être intéressées et de ne pas aller vite en besogne.

Par ailleurs, nous attendons l’État sur des questions importantes à nos yeux, telles que le dossier portant sur l’affaire de la drogue dans la Police, le problème crucial des diplômés chômeurs entres autres sujets d’actualité. En outre, nous voudrions par devoir et par droit, la publication des fonds de dotations à la Presse. Quels en sont les soubassements, la base de la distribution, respecte-t-elle les principes d’équité et de justice requis. Étant donné que c’est notre argent qui est distribué, on a le droit de nous enquérir du traitement appliqué.

C’est fortes de toutes ces considérations, que la Commission « Orientations et Stratégies » des Jeunes du M23 et ses organisations partenaires, du landerneau politique et de la Société civile, de l’opposition comme du pouvoir, en somme de l’ensemble des composantes de la société, vont convoquer au « PENC DES REFORMES » pour une refondation effective de nos Institutions. Une démarche qui a pour objet de matérialiser notre participation pour un vrai renouveau démocratique fondé sur le respect de principes de valeurs et de vertus pour une République et des institutions bien assises et pour une vraie rupture.

Par souci et par conviction, vive le Sénégal, vive la Nation !

– avec Aida Niang, Sa Majesté Impératrice Soumare, Alassane Guisse, Adus Fall, Rene Pierre Yehoume, Ngone Ndiaye, Apr En Ligne, Kader Lo, Abou Diallo, Bara Ndiaye, Rassoul Lahi Diop, Birame Faye, Adji Mergane Kanouté, Abdou Rahmane Sow, Nafi Diallo, A Papa Malick Ndour, Thierno Bocoum, Thérèse Faye, Papa Djibril Guissé, Boura Diedhiou et Ben Cisse. 

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