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LE BLOG DE NIOXOR TINE

LA DEFAITE DE L'IVOIRITE !!!

12 Décembre 2010 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

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Au début, il y avait l’ivoirité, concept inventé par Bédié pour écarter un adversaire politique gênant. Pour arriver à ses fins, il n’hésitera pas à utiliser des méthodes d’inspiration nazie, dont l’illustration la plus atroce sera le massacre de fermiers burkinabé à Tabou (à l’ouest de la Côte d’Ivoire) par des Krous armés jusqu’aux dents par les pontes du PDCI.


Ensuite, ce fut le général excentrique Robert Gueï, qui pour juguler la crise sociale provoquée par les théories ségrégationnistes de Bédié, opéra un coup d’Etat. Il prit malheureusement très vite goût au pouvoir et sera obligé de ressortir les vieilles théories ethnocentristes pour écarter à nouveau Mr Ouattara et Bédié lui-même du jeu électoral, se retrouvant face à Gbagbo lors des élections de 2000.


Forts de l’indifférence complice de ses amis socio-démocrates, alors au pouvoir en France, Gbagbo réussira à s’emparer du pouvoir (qui était dans la rue), au grand dam du RDR arbitrairement écarté des joutes électorales.

La clique de Gbagbo, au lieu de mettre fin aux dérives identitaires par la mise en œuvre d’une politique de réconciliation nationale et la promotion de valeurs humanistes de fraternité universelle, empruntera le chemin inverse.


 Souffrant d’un déficit notoire de légitimité, son entourage va surfer sur la vague de xénophobie en cours dans son pays et instrumentaliser la FESCI, association estudiantine, animée par les partisans du FPI,  pour initier une vaste campagne de terreur contre de supposés partisans de Alassane Ouattara. Cette campagne, qui n’a rien à envier aux persécutions anti-juives de la seconde guerre mondiale, ciblera tous les Ivoiriens et leurs hôtes étrangers ayant le « malheur » de porter un patronyme « douteux », apprécié à l’aune des critères de l’ivoirité triomphante. Ces massacres dirigés contre des Ivoiriens du Nord, des Burkinabé, des Maliens … atteindront leur point culminant avec la découverte du charnier de Yopougon.


Quoi d’étonnant alors à ce que des forces politiques du Nord du pays s’organisent pour tenter de renverser ce pouvoir génocidaire ! Il paraît qu’elles auraient bénéficié du soutien des Français ! Quelle honte ! Mais face à un pouvoir quasi-génocidaire aussi agressif, on n’a parfois malheureusement pas le temps d’attendre l’arrivée de brigades communistes et internationalistes !

 

Ouattara est certes loin d’être un saint ! C’est vrai qu’il a de mauvaises fréquentations (Obama, Sarkozy, Wade…). On le soupçonne, en outre, d’avoir inspiré la rébellion du Nord. Enfin, en tant qu’ancien fonctionnaire du FMI, il risque conduire une politique libérale préjudiciable aux intérêts de l’Afrique ! Mais là n’est pas la question ! Si on devait écarter tous les politiciens en collusion avec l’impérialisme de nos joutes électorales ou leur dénier le droit d’obtenir des majorités lors des élections, il faudrait reconstruire rapidement le mur de Berlin et en revenir aux Soviets ! L'essentiel est de continuer à se battre auprès des masses populaires, des forces progressistes, dont le mouvement altermondialiste et la société civile pour contrer les effets néfastes de leur politique.


Mais il ne s’agissait pas, au cours de ces élections, de choisir entre la peste du FPI ou le choléra du RDR, mais  bien de ramener la paix dans un pays déchiré par une décennie de guerre larvée ou ouverte.


Depuis le sommet d’Accra de septembre 2002 consécutif au début de la rebellion des Forces Nouvelles, en passant par la rencontre de Linas Marcoussis, les sommets de Prétoria et de Ouagadougou, que d’efforts de la communauté internationale pour empêcher une « rwandisation » de la Côte d’Ivoire !

Nous pourrions citer, sans prétendre à l’exhaustivité, les résolutions 1464 (2003),  1479 (2003), 1528 (2004), 1572 (2004), 1609 (2005), 1633 (2005) et enfin la résolution 1721 du 1er novembre 2006.


Ces rencontres et résolutions avaient pour objectifs, la mise sur pied de gouvernements d’union nationale et l’examen de questions telles que celles ayant trait à la nationalité, à la condition des étrangers, au régime électoral, à l’éligibilité à la Présidence de la République, au régime foncier, aux médias, aux droits et libertés de la personne humaine, au regroupement, au désarmement, et à la démobilisation des forces rebelles…etc


Il est évident que l’une des questions prioritaires lors de ces rencontres avait trait à la fiabilisation du fichier électoral dans un pays, qui non seulement n’a jamais connu d’élection réellement démocratique (un peu comme en Guinée) mais a encore été le théâtre de théories ségrégationnistes, xénophobes et d’exclusion contrastant avec son hospitalité d’antan.


L’autre  enjeu avait trait à la mise en place d’un Centre de commandement intégré des forces de sécurité classiques et  des forces rebelles, sans oublier l’établissement d’un Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion.


Enfin, la restauration dans son entièreté de l’autorité de l’Etat et le  redéploiement de l’administration sur l’ensemble du territoire national peuvent être considérés comme des préalables à toute normalisation de la vie institutionnelle et politique de la Côte d’Ivoire.


Malgré tous ces efforts de la Communauté Internationale, Gbagbo, prenant prétexte de la crise politique, s’arrangera pour reporter d'année en année le scrutin présidentiel prévu en 2005 et ne cessera dès lors de louvoyer pour tenter de se maintenir au pouvoir à tout prix.


Dans ces conditions, après cinq années de tergiversations du régime de Gbagbo, les différentes parties prenantes se sont entendues, sous l’égide de l’ONU, sur des règles du jeu, qu’il s’agissait de respecter à la lettre.

Mais comme l’illustrent les exemples de la Guinée de Dadis, du Niger de Tandja, ou même du Madagascar d’Andry Rajoelina, la communauté internationale surveille de manière draconienne le respect des normes démocratiques de gestion des pays et d’accès au pouvoir.

Cela fait partie des mutations significatives de notre époque, comme l’est également la fin de l’impunité pour tous ceux qui auront perpétré des « crimes contre l’Humanité ».


Il est donc du devoir de toutes les forces progressistes du monde de rappeler Laurent Gbagbo à la raison, lui qui, durant son règne de dix ans, aura flirté avec l’ivoirité, qui s’apparente à des théories  fascisantes d’extrême droite.

Avec toutes les limites inhérentes aux normes et principes de la démocratie bourgeoise, surtout dans un pays qui porte encore de profondes séquelles de la déchirure du tissu national due à l’ivoirité,  et contrairement aux assertions de Paul Yao Ndré, il semble bien que ce soit « l'étranger burkinabé marié à une juive », qui malgré ses amitiés douteuses ait été élu Président de la Côte  d’Ivoire.

 

Il lui sera difficile de faire pire que Gbagbo !

NIOXOR TINE


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