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LE BLOG DE NIOXOR TINE

SOUTIEN AU CRIME POLITIQUE : LE PS SE DEMASQUE PAR A.L. COULIBALY

5 Décembre 2010 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #AFRIQUE MERE

Il est tombé bien bas le Ps. Incapable de se mettre dans le sens de l’histoire des peuples, le vieux parti se démasque et étale son incohérence et la vanité de ses dirigeants qui ont cru pouvoir tromper les démocrates, en tentant depuis dix ans de capitaliser sur l’incurie et la faillite du régime en place. Le Parti socialiste sénégalais a décidé, avec une bonne dose de cynisme, voire de perfidie, d’apporter son soutien à Laurent Gbagbo, dans la volonté affirmée de ce dernier d’usurper les suffrages des électeurs ivoiriens et tenter ainsi de se maintenir au pouvoir, contre la volonté de son peuple.



Soutien au crime politique: le Ps se démasque Par Abdou Latif Coulibaly
Un peuple qui a majoritairement choisi Alassane Dramane Ouattara pour présider pour les cinq ans à venir aux destinées du pays. A l’appui d’un argumentaire juridique lamentable, le Ps tente de justifier une position ramant à rebours de l’Histoire. Le Ps se montre, tel que nous l’avions connu par le passé : sectaire et profondément méprisant, pour tout ce qui concerne les aspirations légitimes des peuples à la liberté. Le soutien du Ps au Président sortant qui prépare objectivement le terrain à la guerre et au déchirement national de la Côte d’Ivoire, montre à quel point les dirigeants de ce parti manquent de vision et de grandeur. Ils en manquent singulièrement, quand il s’agit pour eux d’appréhender et de consacrer les principes fondamentaux qui fondent universellement la démocratie. De tels principes ne sauraient, pour les démocrates sincères et authentiques, être acceptés et appliqués de façon variable et fantaisiste, selon que ceux qui les invoquent distinguent entre des peuples qui en ont droit et d’autres qui devraient en être exclus. C’est l’écrivain Ousmane Socé Diop qui disait, du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, lors de l’examen de la motion de censure déposée en décembre 1963 contre le gouvernement de Mamadou Dia : « périssent les amitiés et les solidarités devant les principes fondamentaux qui fondent la vie en société ».
Le Parti socialiste considère que son alliance militante avec le Front populaire ivoirien au sein de l’Internationale socialiste et les relations d’intérêt suspectes qui lient les dirigeants respectifs de ces deux partis, doivent prévaloir sur les principes fondateurs de toute démocratie. Au demeurant, en quoi le Ps est-il fondé à se prononcer aussi précipitamment ? D’autant qu’ils sont nombreux les partis socialistes qui partagent l’Internationale avec le FPI et qui se gardent bien de soutenir une aventure criminelle comme celle que le président Gbagbo vient d’imposer à son pays. Le Ps est donc aujourd’hui mal venu de ruer dans les brancards, en anticipant sur des fraudes éventuelles dont se rendraient nécessairement coupable le Parti démocratique sénégalais (Pds) et qui seraient entérinées inévitablement par un Conseil constitutionnel, présidé par Cheikh Tidiane Diakhaté, et dans le même temps, apporter son soutien à Laurent Gbagbo qui est installé par le juge électoral de son pays.
Pourquoi adopter cette attitude politique consistant à faire croire que Paul Yao N’dré, le président du Conseil constitutionnel ivoirien, un membre identifié du Front populaire ivoirien (FPI) serait plus libre et plus responsable que le juge Cheikh Tidiane Diakhaté ? Le Ps par le soutien apporté au crime politique perpétré par Laurent Gbagbo montre son incohérence et son incapacité à se montrer à la hauteur des enjeux et des défis démocratiques du moment. Du coup, il en affaiblit sérieusement, à son insu ou volontairement, la lutte démocratique interne à la tête de laquelle il compte se mettre. Ce leadership qu’il revendique lui va mal aujourd’hui, car on peut pas avoir de telles aspirations et encourager en même temps la forfaiture dont s’est rendu coupable leur allié ivoirien.
On peut, à la lecture du soutien apporté à Laurent Gbagbo, se demander si le Ps n’aurait pas en 2000 fait la même chose que le président ivoirien, si toutefois il avait les moyens et la témérité de s’opposer au verdict des urnes. Le soutien apporté aujourd’hui à Laurent Gbagbo par le Ps tend à accréditer aujourd’hui la thèse défendue par certains Sénégalais qui croient savoir que certains membres de l’entourage de l’ancien Président Abdou Diouf le poussaient à opérer un coup d’Etat institutionnel comme l’a fait Laurent Gbagbo, pour se maintenir au pouvoir, en dépit du vote du peuple qui lui était défavorable.
Si demain, le Conseil constitutionnel sénégalais venait à annuler les résultats provisoirement proclamés par la Commission nationale de recensement des votes, pour des motifs farfelus et inexacts, comme ceux invoqués par la requête présentée devant le juge politique ivoirien par le FPI, le PS devrait se garder par décence de crier au scandale. Personne ne le prendrait au sérieux. C’est en cela que la position exprimée par le PS constitue un danger, car elle n’est finalement rien d’autre qu’une licence accordée aux futurs délinquants qui se donneront le droit de torpiller le suffrage des Sénégalais. Ceux-là devront se montrer vigilants quant aux choix politiques qu’ils vont opérer dans l’avenir. La question posée pour le vote de 2012, ne peut être résumée au départ d’un homme et son remplacement, sans égard pour celui ou celle qui devra prendre sa place. C’était le cas en 2000 et les conséquences qui en ont découlé se sont avérées, à tout point de vue, désastreuses pour ce peuple.
Le soutien du PS au FPI montre à quel point il est urgent pour les organisations de la société civile qui ont toujours œuvré dans ce sens et les authentiques démocrates de ce pays, d’aider encore davantage à créer les conditions d’une autre gouvernance d’Etat et de conduire la politique au Sénégal. Outre le fait que le soutien du PS au FPI est répugnant et honteux pour nous Sénégalais, il révèle dans toute sa nudité la duplicité de certains hommes politiques qui ne semblent avoir aucun respect pour ce peuple. On ne peut pas faire n’importe quoi, au nom d’une prétendue liberté des partis et leurs dirigeants. Un parti politique n’existe pas en dehors des aspirations des peuples et de leurs capacités à faire face à de telles aspirations.
 
Abdou Latif COULIBALY
lagazette.sn

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