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LE BLOG DE NIOXOR TINE

UN ENTÊTEMENT SUICIDAIRE !!!!!!!!

28 Juin 2011 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #CHRONIQUE DES COLERES CITOYENNES

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Il est plus que temps que le régime libéral fasse une lecture correcte des évènements du 23 juin dernier et des émeutes qui se sont déroulées dans l’après-midi et la soirée de ce 27 juin 2011. A défaut,  notre pays qui se trouve dans une situation d’ « ivoirisation rampante », de quasi-état d’urgence, avec des rumeurs de couvre-feu, risque de basculer dans l’horreur !

Si on considère les mouvements de protestation contre le « ticket présidentiel » comme une réponse négative à un référendum, qu’on n’a pas cru devoir organiser, il va de soi, que la logique commande d’en tirer les conséquences politiques !

Il devient alors évident que les faucons libéraux, qui menacent de se venger contre le peuple (sic), refusent de revoir leur désastreuse politique, qui leur vaut une impopularité attestée par tous les sondages, sont en train de faire fausse route.

Même, d’un point de vue strictement partisan et égoïste, il devient urgent pour les dirigeants libéraux de réhabiliter leur camp politique discrédité par onze années de mensonges, d’atteinte aux droits de l’homme, d’impunité, de non-satisfaction de la demande sociale, de tripatouillages de la Constitution, de fraudes électorales et électroniques, d’utilisation illégale et abusive d’armes de corruption massive, de patrimonialisation du système politique avec des tendances dynastiques, frisant la mégalomanie…..

          Il est vrai que le PDS, qui court le risque de se désintégrer, est déjà cliniquement mort. Il donne encore l’impression d’exister, en s’adossant à l’appareil d’Etat, dont il est en train de pomper toutes les ressources en vue de sa campagne électorale. D’où l’impérieuse nécessité de la candidature de la seule personnalité à même de fédérer les différentes branches de la maffia libérale qui nous gouverne.

Or, cette candidature est illégale ! Nous en sommes donc arrivés à une situation paradoxale où la survie du PDS est liée à une violation flagrante de la Constitution. Cela est dû au fait que le parti libéral n’a jamais vraiment fonctionné comme il aurait dû le faire. C’est parce que le parti démocratique sénégalais n’a jamais vraiment fonctionné comme un parti politique moderne, mais comme le « Parti du Travail de Corée » de Kim Il Sung, qu’il se trouve dans une impasse existentielle. Le camp libéral se trouve dans la même situation qu’une équipe de football, dont le “meilleur joueur” (sic) a été suspendu, et qui doit néanmoins disputer une finale décisive !

          Une autre faiblesse du camp libéral a été l’absence de lecture des signaux politiques émanant du champ politique national. Or, en démocratie, une fois les élections présidentielles terminées, le président élu, pour dérouler sa politique et se maintenir durablement au pouvoir a intérêt à garder un œil attentif sur l’état de l’opinion, les mouvements d’humeur au sein de la société et les résultats des élections intermédiaires. C’est ainsi que le pouvoir libéral n’a pas prêté toute l’attention requise au boycott des législatives de 2007 avec son fort taux d’abstention, à la révolte des marchands ambulants, à sa défaite politique aux locales de 2009, au départ de grands responsables de son parti (Idrissa SECK, Macky SALL, Aminata TALL…), à la multiplication des troubles sociaux face aux délestages de la SENELEC, au non-respect des accords avec les syndicats, aux campagnes agricoles désastreuses…etc. Sans oublier la réprobation générale contre les tripatouillages constitutionnels, l’impunité et le système patrimonial à tendance dynastique !

          Autant de facteurs, qui combinés aux perspectives claires et pertinentes issues des Assises Nationales, ont contribué à isoler le pouvoir libéral, dont le chef de file était disqualifié pour un troisième mandat, par sa propre Constitution « mutilée » !

En l’absence de suivi de l’opinion - ce qui suppose qu’on prenne au sérieux les rapports des Renseignements Généraux- il est difficile d’anticiper sur les situations de crise,  comme celle que nous sommes en train de vivre actuellement. Il n’a certes pas manqué de voix au sein même du camp libéral pour tirer sur la sonnette d’alarme. Mais quand on se trouve dans la logique totalitaire d’un Parti-Etat, avec une assemblée aux ordres, on se croit tout permis ! Il va de soi qu’une décrispation de l’atmosphère entre les acteurs de la classe politique s’impose, pour éviter de tomber dans un engrenage fatal. Le parti socialiste et Abdou Diouf ne l’ont-ils pas réussi en 1988-89 ?

          Les mesures d’apaisement sur le plan politique peuvent aller d’un simple réaménagement de l’équipe gouvernementale (avec éviction du fils du Président, des ministres de la Justice et de l’Intérieur) en passant par une dissolution du Parlement suivie d’élections anticipées, au départ du premier magistrat de la Nation, obligé alors de trouver un pays d’accueil. Un autre élément important serait la restauration de la confiance des acteurs politiques dans le processus électoral en veillant au remplacement des ministres de l’Intérieur et de la Justice par des personnalités, moins partisanes, jouissant de la confiance et de l’estime de toutes les parties prenantes. Mais le préalable à la tenue d’élections régulières dans un climat apaisé réside dans le règlement des urgences sociales, comme celles de l’Energie et du coût de la vie.

          Comme dans tout processus de gestion de crise, plus vite on réagit, plus grande est la marge de manœuvre dont on dispose. Il faut malheureusement admettre que pour ce qui est de notre pays, la situation, sans être désespérée, est très préoccupante. Les promesses non tenues, les tripatouillages des textes fondamentaux, les fraudes électorales incluant la corruption de « grands électeurs », des fonctionnaires de l’Administration Territoriale et des magistrats sont autant de facteurs, qui ont érodé la confiance, dont pouvait encore jouir la majorité présidentielle, ce qui  se traduit par des contreperformances au niveau des sondages.  Dans un tel cas de figure, la solution n’est pas de manœuvrer, encore manœuvrer, toujours manœuvrer…Car, comme l’a dit un éditorialiste dakarois de renom, « la ruse use ! ».

          Il s’agit plutôt de restaurer la confiance, non pas seulement pour gagner la prochaine élection (ce qui semble déjà gravement compromis), mais pour revenir aux normes de fonctionnement démocratiques généralement admises dans le monde moderne.

          Oui, effectivement le camp libéral a bien heureusement très peu de chances de gagner la prochaine élection présidentielle – ne serait-ce qu’en raison de ses divisions et de l’état de désorganisation lamentable dans lequel l’a plongé son secrétaire général! Mais le Sénégal peut, comme en Mars 2000, sortir gagnant de ce nouvel épisode de notre vie politique nationale.

          Pour cela, les Sénégalais attendent de leur Président qu’il prenne des décisions courageuses pour régler les urgences sociales, revenir aux normes de fonctionnement de toute démocratie digne de ce nom, dont en premier lieu, l’organisation d’un scrutin sincère dans un climat encore plus apaisé qu’en Mars 2000.

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