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LE BLOG DE NIOXOR TINE

QU’EST-CE QU’UN CENTRE DE SANTE DE REFERENCE ? L’EXEMPLE DU CENTRE DE SANTE PHILIPPE MAGUILEN SENGHOR DE YOFF

Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #POLITIQUE DE SANTE

Inauguration du nouveau service de radiologie

Le 30 janvier 2014 s’est déroulée au centre de santé Philippe Maguilen Senghor, une cérémonie de haute portée symbolique. En effet le conseil municipal de la commune de Yoff a fait don d’un appareil de radiographie d’une valeur de 50 millions de francs à la structure sanitaire.

A ce moment fatidique du débat sur la décentralisation administrative, où des centaines de travailleurs municipaux sont victimes  de retard de salaires, il faut saluer cette manifestation comme un signal dans la bonne direction.

Mme Hillary Clinton au centre de santé Philippe Senghor, en août 2012

Après la visite de Mme Clinton, la cérémonie de lancement du vaccin contre les diarrhées à rotavirus par le Premier Ministre, le centre de santé Philippe Senghor est de plus en plus sous les feux de la rampe et tend à devenir une structure modèle dont les autorités semblent de plus en plus être fières, comme elles le sont certainement de plusieurs autres structures sanitaires (EPS, centres et postes de santé) à Dakar et dans les régions !

Mais cette inauguration nous donne l’occasion, au moment où certains hauts fonctionnaires du MSAS prônent le renforcement du parc hospitalier national aux dépens des districts sanitaires, de démontrer la pertinence du système de santé de district, qui au fil du temps, s’est adapté aux nouvelles exigences.

 

Nous voulons, à ce titre, illustrer notre propos par l’exemple du centre de santé Philippe M. Senghor, conçu au départ comme un dispensaire, construit pour honorer la mémoire d’un fils du premier président sénégalais et où on a observé des mutations significatives.

  • Diversification de l’offre de soins
  • Relèvement du plateau technique
  • Adaptation au nouveau profil épidémiologique caractérisé par l’émergence des maladies cardiovasculaires, métaboliques et tumorales, par le recrutement des médecins vacataires et en organisant des vacations de spécialistes.

Le système de district prend en compte le fardeau grandissant des maladies transmissibles

  • Equipement et réhabilitation des structures à partir des ressources propres (achat d’équipement et de matériel médical, recrutement de personnel, voire travaux de génie civil).

Gestion informatisée des recettes

  • Mise en place des logiciels de gestion en vue d’une gestion plus transparente des recettes issues de la participation financière des populations à l’effort de santé, dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance sanitaire.

Ces efforts d’adaptation des districts aux nouvelles réalités doivent cependant être poursuivis et mis à l’échelle, notamment en prenant en compte le nouveau contexte marqué par la couverture sanitaire universelle :

  • Amélioration de l'accueil, du circuit du malade

Importance de l'accueil et de l'orientation des usagers

  • Renforcement de la santé communautaire, particulièrement  dans les milieux dépourvus en ressources confrontés aux problèmes d’équité et d’accessibilité aux soins les plus aigus.
  • Consolidation des systèmes locaux de santé  par l’autonomisation des communautés, ménages et individus
  • Développement d’un partenariat mutuellement avantageux avec les élus locaux

Séance de plaidoyer avec des leaders communautaires

  • Renforcement de la  réactivité des prestataires d’autant que l’offre de services est de plus en plus diversifiée, surtout en milieu urbain (structures publiques, privées, informelles, non-gouvernementales, confessionnelles, paramilitaires, d’entreprises…etc.), avec possibilité de signature de contrats de performance,
  • Harmonisation des interventions des différents acteurs appelés à s’approprier des objectifs du PNDS.  

Contrairement aux établissements hospitaliers évoluant parallèlement à la pyramide sanitaire,  le centre de santé de référence est considéré comme un établissement faisant partie d’un système complet de soins, le district sanitaire. Il sert de moteur au district sanitaire animé par une équipe-cadre, des infirmiers chefs de postes, assistés de comités de santé et d’organisations communautaires de base. Son rôle résulte de la répartition des tâches au sein du district et il sert de structure de référence aux postes de santé, aux centres de santé secondaires, aux structures privées confessionnelles…etc.

En conclusion, nous dirons que des structures telles que les centres de santé de référence des districts de Dakar (Philippe Maguilen Senghor, Nabil Choucair, Gaspard Kamara) offrant une gamme de services médicaux, gynéco-obstétricaux et de petite chirurgie, à côté de leur rôle de mise en œuvre et de supervision des soins de santé primaires remplissent toutes les conditions qu’on attend d’un centre de santé de référence à l’heure actuelle. Ils combinent les missions de santé publique avec les exigences de soins de qualité.