COMMUNIQUÉ DE DOOLEEL PIT-SENEGAL SUR LA CRISE UNIVERSITAIRE
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Le CPR Dooleel PIT-Sénégal estime que la crise universitaire actuelle reste dans le continuum de celles qui l’ont précédée. Elle résulte du lourd passif hérité des gouvernements socialistes et libéraux, qui n’a pas encore été soldé. Il s’agit de l’infantilisation du mouvement étudiant, à travers la suppression des Unions Nationales, substituant au glorieux syndicalisme étudiant progressiste et responsable d’antan, un corporatisme étroit centré sur les bourses.
De plus, l’inféodation à des logiques politiciennes a donné naissance à une culture de la violence et même à des guerres de gangs pour se disputer (avec armes blanches, grenades lacrymogènes…) les directions des Amicales, elles-mêmes prises dans un engrenage de pratiques corruptrices.
Le désir d’acheter, à tout prix, une paix sociale factice a également amené les autorités étatiques issues de la première alternance à instituer la généralisation des bourses, dans un contexte de démagogie électoraliste suite à l’agitation au sein des campus, ayant conduit au décès de l’étudiant Balla Gaye en janvier 2001. Cette obligation de payer des bourses à la quasi-totalité des étudiants pose un véritable casse-tête à tous les gouvernements depuis lors.
Le régime de Benno Bokk Yakaar, qui a eu son lot de bavures policières, à travers les morts des étudiants Bassirou Gaye et Fallou Sène, a dû user d’expédients budgétaires, avec les conséquences que l’on sait, pour résoudre l’épineuse question des bourses estudiantines.
Les nouvelles autorités issues de l’élection présidentielle de mars 2024, entendent inscrire leur politique d’octroi de bourses sous le sceau de l’équité sociale, du mérite et de la soutenabilité. Elles prônent une rationalisation basée sur des paiements mensuels réguliers, en phase avec l’année académique, ce qui devrait induire une suppression des rappels.
Si ces intentions semblent louables et pertinentes, elles ne prennent pas la pleine mesure de la contrainte du chevauchement des années universitaires dû à plusieurs facteurs (confinement durant la pandémie de COVID-19 et fermeture de l’UCAD pendant plus de 9 mois, à partir de juin 2023, par le régime APR).
Cet état de fait s’est heurtée à un niet catégorique des leaders étudiants, qui espèrent, à travers l’instauration d’un rapport de forces sur le terrain de la lutte syndicale, infléchir la décision des autorités de supprimer les rappels.
L’erreur du gouvernement actuel a été d’user des mêmes méthodes répressives que leurs prédécesseurs, en y ajoutant même l’arme cruelle de la fermeture des restaurants, pour imposer leur volonté.
Dès lors, l’invasion de l’espace universitaire par des forces de l’ordre particulièrement agressives face à des étudiants affamés ne pouvait déboucher que sur une catastrophe. C’est dans cette atmosphère de violence, l’étudiant en 2ième année de chirurgie dentaire, Abdoulaye Bâ, a perdu la vie.
Le CPR Dooleel PIT-Sénégal, convaincu qu’il faut garder le cap sur un horizon démocratique et travailler à élargir la base sociale du camp patriotique:
- déplore la mort prématurée du jeune Abdoulaye Bâ, présente ses condoléances attristées à sa famille et réclame que toute la lumière soit faite sur son décès,
- exhorte les autorités à faire focus sur la mise en œuvre de leurs politiques, sans se laisser divertir par une opposition d’escrocs milliardaires,
- regrette la persistance de l’idéologie carcérale et de la culture de violence au sein des forces de défense et de sécurité et demande au gouvernement d’y remédier,
- applaudit la promesse du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur d’adopter une doctrine de maintien de l’ordre basée sur un engagement garantissant un usage proportionné de la force,
- exige la réouverture, dans les meilleurs délais, des campus social et pédagogique de l’UCAD et la levée de la suspension des Amicales de facultés,
- demande la restauration des lois garantissant les franchises universitaires au niveau des campus pédagogique et social,
- estime que l’occasion est propice pour les forces de gauche, de travailler à la restauration du syndicalisme étudiant révolutionnaire, liant ses luttes avec celles du peuple sénégalais,
- exhorte les dirigeants du camp patriotique à privilégier la concertation et la démocratie participative dans la mise en œuvre de la transformation systémique, conformément à l’agenda Sénégal 2050,
- recommande la tenue de concertations nationales sur l’enseignement supérieur,
- en appelle aux plus hautes autorités de notre pays à s’atteler à la refondation institutionnelle à tous les niveaux, conformément à l’esprit des Assises Nationales.
C’est seulement ainsi qu’il sera possible de refonder un Enseignement Supérieur gangrené par des décennies de mis-management et d’opérer les ruptures tant attendues par le peuple sénégalais.
Dakar, le 13 février 2026
Le C.P.R « Dooleel PIT-Sénégal ngir defaraat reewmi »
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