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PODCAST/ Transformation Systémique et Espérance Fanonienne au Sénégal

30 Mai 2026 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #CENTENAIRE DE FANON, #DOCUMENTS PANAFRICANISME, #AFRIQUE MERE, #TRANSFORMATION SYSTEMIQUE

PODCAST/ Transformation Systémique et Espérance Fanonienne au Sénégal

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Pip: PENCUM SANCOMBAO — le site où l’on vient pour les hommages à Fanon et où l’on repart avec une thèse de doctorat non sollicitée sur la bourgeoisie bureaucratique.

Mara: Ce que GALSEN NIOXOR propose ici, c’est une relecture de Fanon appliquée au Sénégal contemporain — l’impasse néocoloniale, la transformation systémique, et la question de savoir si l’espérance fanonienne peut encore tenir.

Pip: Commençons par là — la bourgeoisie bureaucratique et ce qu’elle dit de soixante ans d’indépendance.

Transformation systémique et l’impasse postcoloniale

Mara: Le point de départ du texte, c’est une question posée lors de journées d’hommage à Frantz Fanon : comment actualiser son espérance plutôt que se contenter de célébrer sa critique ? Trois axes structurent la réponse — la bourgeoisie bureaucratique, l’impasse néocoloniale appliquée au Sénégal, et les conditions d’une transformation systémique.

Pip: Et pour définir cette bourgeoisie bureaucratique, le texte cite Fanon directement — pas pour la couleur locale, mais parce que la définition tient encore.

Mara: Voici la formulation exacte : « la bourgeoisie bureaucratique est la forme fonctionnelle obligatoire que doit prendre la bourgeoisie nationale dans les économies dépendantes où l’État est la source primordiale de richesse et de pouvoir. »

Pip: Ce que ça signifie concrètement : cette classe ne produit rien, elle capte. Elle occupe l’appareil d’État non pour le développer, mais pour faciliter le pillage des ressources nationales au profit des multinationales étrangères. L’État comme pompe à rente, pas comme outil de souveraineté.

Mara: Le dirigeant communiste sénégalais Seydou Cissokho va plus loin : il la décrit comme un obstacle insurmontable au développement de l’Afrique, dont les intérêts ont été successivement défendus par l’UPS-PS, le PDS et l’APR. Trois régimes, une seule logique de classe.

Pip: Et Fanon avait déjà identifié les marqueurs visibles de cet échec — non pas des usines ou des écoles, mais ce qu’il appelle « des bâtiments qui ont une valeur de prestige, l’achat de grosses voitures américaines chromées. » La somptuosité comme aveu.

Mara: Le texte retrace ensuite l’histoire politique sénégalaise comme une illustration de ce schéma. Dès l’indépendance, la mise à l’écart de Mamadou Dia — partisan du socialisme autogestionnaire — au profit de Senghor, porte-drapeau de la bourgeoisie bureaucratique naissante, scelle une orientation. Les alternances de 2000 et 2012 ne rompent pas avec cette logique néocoloniale.

Pip: Deux alternances, même système — c’est le sens du mot « impasse. »

Mara: L’irruption du PASTEF en 2014 change la donne, selon le texte. La formation se positionne sur le terrain anti-impérialiste, ce qui est décrit comme « une déclaration de guerre aux tenants du système néocolonial. » La répression qui s’ensuit — judiciarisation, embastillements, tripatouillages constitutionnels — est lue comme la réponse du système à cette menace.

Pip: Le triomphe électoral de Sonko-Diomaye au premier tour du 24 mars 2024 est présenté comme la réactualisation de l’espérance fanonienne. Mais le texte ne s’arrête pas là — il formule une mise en garde.

Mara: Une mise en garde précise : l’équipe dirigeante du PASTEF « semble sous-estimer les enjeux de l’heure » — la refondation institutionnelle, l’avènement d’une nouvelle République, l’alliance avec les prolétariats urbain et rural. Des pas ont été faits — fin de la présence militaire française, politique de reddition des comptes — mais l’horizon reste exigeant.

Pip: L’espérance fanonienne, en somme, n’est pas un acquis électoral — c’est un chantier permanent.

Mara: Et ce chantier mène directement à la question de ce que signifie construire une souveraineté réelle sur le continent aujourd’hui.


Pip: Fanon comme boussole, le Sénégal comme cas d’école — la question posée ici n’est pas historique, elle est en cours.

Mara: Et la prochaine fois, on verra ce que d’autres voix de PENCUM SANCOMBAO ajoutent à ce chantier.

 

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