Le blog de Nioxor Tine - Analyses politiques et syndicales au Sénégal

DECLARATION LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU CPR DOOLEEL PIT

19 Juillet 2026 , Rédigé par LE BLOG DE NIOXOR TINE Publié dans #DOOLEEL PIT, #CONFERENCE DE PRESSE, #POLITIQUE NATIONALE

Mesdames Messieurs les journalistes,

Chers camarades et militants de la gauche sénégalaise !

 

Le 3 décembre 2020, un groupe de militants du PIT-Sénégal mettait sur pied une structure dénommée le Comité pour la plate-forme de Réflexions (C.P.R) « Dooleel PIT-Sénégal ngir defaraat reewmi ».

Nous considérant comme les dignes héritiers du PAI historique, le CPR Dooleel PIT avait pour objectifs, entre autres, de :

  • susciter, nourrir et amplifier un large débat interne sur la place du PIT-Sénégal dans l’espace politique national
  • refonder le PIT-Sénégal en le repositionnant carrément à gauche du spectre des forces politiques nationales et internationales.

Notre cadre a, à son actif, plus de cinq années d’intenses activités publiques, dont l’édition, d’un livre intitulé « Genèse d’une révolution démocratique (2021-2024) : trois ans de luttes et d’espoirs ».

Les efforts de redressement programmatique, que nous avons tenté en vain d’impulser à l’intérieur des instances du PIT-Sénégal, n’ont pas fait bouger d’un iota l’oligarchie politique de ce parti qui s’est même permis de tenter d’exclure des camarades, d’ostraciser et d’en suspendre d’autres au motif fallacieux qu’ils mènent des activités fractionnistes contraires à la « ligne du parti ». La liquidation de la coordination de France participait de cette tentative d’étouffement de Dooleel PIT.  

Pour rappel, le PIT-Sénégal est l’un des partis politiques, qui a payé le tribut le plus lourd dans la lutte de notre peuple pour la souveraineté économique, la démocratie et l’instauration de l’État de droit dans notre pays.

Que ce parti finisse par tomber si bas dans le soutien inconditionnel aux régimes néolibéraux successifs, de démission nationale, est inacceptable et témoigne du fait que la nature humaine est insondable !

Mise sous tutelle de l’économie nationale par les institutions de Bretton Woods, surendettement du pays souvent pour des projets somptuaires, aggravation continue de la crise économique et sociale, répression des mouvements de lutte pour la préservation de l’État de droit, emprisonnements répétés des opposants et tentatives d’affaiblissement des contre-pouvoirs, démission des institutions judiciaires à la solde du pouvoir, toutes ces agressions répétées contre la bonne gouvernance et l’État de droit avaient été de mise, au nom de menaces fabriquées de toute pièces par l’oligarchie politique du PIT-Sénégal.

Tout cela, pour justifier l’implacable collusion de ce parti avec les partis au pouvoir et les groupuscules anti-progressistes qu’il a pourtant combattus de toutes ses forces depuis sa création en 1957 !

Notre vision politique repose toujours sur le fait que c’est le contenu de classe des programmes économiques et sociaux appliqués dans notre pays qui devrait être le socle ultime de la ligne de large rassemblement adoptée par le PIT-Senegal depuis la fin des années 1980.

Or, le dévoiement de cette ligne politique par la direction de ce parti est fondé sur un alignement clair et net aux intérêts du capital transnational et à la stratégie de conservation du pouvoir par la bourgeoisie politico-bureaucratique qui gouvernait le Sénégal depuis les indépendances de 1960. Ce dévoiement est d’autant plus inacceptable pour nous, que le contexte mondial, régional et sous-régional est de plus en plus marqué par l’émergence d’une puissante dynamique de remise en cause du modèle économique néolibéral et de l’unilatéralisme du camp occidental dirigé par les Etats-Unis d’Amérique et les officines financières internationales qui continuent leur funeste entreprise de pillage des pays du Sud.

Pendant que le peuple sénégalais, et particulièrement sa jeunesse, protestait vigoureusement contre les détournements de deniers publics, l’instrumentalisation de la justice et la répression sauvage qui firent plus de 80 morts tombés sous les balles de tireurs encore en totale liberté et des milliers de blessés et de prisonniers d’opinions, le PIT-Sénégal se vautrait dans les arcanes du pouvoir liberticide de Macky Sall. Le PIT-Sénégal a gardé le silence total sur des évènements très graves tels que la répression des manifestations démocratiques, le deploiement des nervis sur l’ensemble du territoire national, la question du troisième mandat (ni oui, ni non) et la dissolution du parti PASTEF.

Sans ce soutien actif du PIT Senegal et de la gauche, Macky ne serait jamais allé aussi loin dans sa volonté de confisquer le pouvoir. Au lieu d’amener ce parti à revoir sa stratégie politique d’appendice du pouvoir que nous contestions vivement à l’interne, la défaite brutale de Macky Sall en mars 2024 plongea à nouveau ce parti dans une gesticulation fébrile contre PASTEF et Ousmane Sonko dont il souhaite maintenant la disparition pure et simple de la scène politique nationale.

Mesdames Messieurs les journalistes,

Chers camarades et militants de la gauche sénégalaise !

 

Aujourd’hui, nous disons que « trop, c’est trop !!! ». Pour nous en effet, comme pour des millions de sénégalais de bonne foi, la révolution nationale, démocratique et souverainiste en cours dans notre pays est dans une passe qui exige le soutien actif et sincère de tout le peuple sénégalais. Mettre en œuvre les ruptures attendues par notre peuple et transformer l’espoir suscité par PASTEF en un vaste mouvement d’adhésion populaire aux objectifs du changement social demeurent, pour nous, les seuls remparts contre les pièges de la dépendance économique, de la politique politicienne et du clientélisme politique qui continuent de faire beaucoup de mal à notre pays.

La création récente de la Coalition Diomaye président et la mise sur pied annoncée du nouveau parti du chef de l’État, candidat de substitution du PASTEF lors de la dernière élection présidentielle, ne doivent en rien ébranler notre conviction d’un Sénégal qui peut être mieux géré sur le plan économique et plus démocratique sur le plan institutionnel et politique.

Bien au contraire, l’éclatante victoire du PASTEF aux dernières élections présidentielles et législatives de mars et novembre 2024 doivent permettre au pays de tourner définitivement les pages sombres de la politique des sinécures et de partage du gâteau. Le Sénégal doit faire bloc maintenant autour de PASTEF pour que les promesses faites à notre peuple par le PASTEF lui-même soient appliquées dans leur rigueur, sans cruauté inutile ni faiblesse coupable envers les « rentiers de la crise » et tous ceux qui, de près ou de loin, ont un agenda caché qu’ils tentent de mettre en œuvre en se distanciant manifestement de l’horizon ouvert dans notre pays par PASTEF.  

 

Mesdames Messieurs les journalistes,

Chers camarades et militants de la gauche sénégalaise !

 

Pour nous, les désaccords au sommet de l’Etat entre Sonko et Diomaye, loin de relever de l’incompatibilité d’humeur entre un président de la République et son premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale traduisent, en réalité, des divergences profondes sur les plans idéologiques et du fonctionnement des institutions de la République.

Un de ces points de désaccords est l’hyperprésidentialisme qui a vampirisé toutes les autres institutions du pays, particulièrement les pouvoirs législatif et judiciaire mais aussi, et accessoirement, certains segments de la presse, que les alternances de 2000 et 2012 n’ont pas corrigé et qui a failli plonger le pays dans la dictature sous le régime de Macky Sall.

Pour nous, Bassirou Diomaye Diakha Faye et son gouvernement doivent mettre fin, très rapidement :

  • au peu d’empressement dans la mise en œuvre de mesures visant la reddition des comptes que réclame instamment le peuple sénégalais ;
  • à la protection des membres de l’ancien régime présumés coupables d’actes de prédation ou de crimes de sang ;
  • au recyclage des anciens dignitaires de l’APR ainsi que de nombreuses fractions politiques de l’ancienne gauche radicale qui tentent, par divers mécanismes de transhumance politique, de se constituer en base militante pour la coalition Diomaye président et le nouveau parti politique que le président Diomaye Faye annonce vouloir fonder en récupérant essentiellement les maires APR du régime de Macky Sall ; 
  • à l’utilisation abusive du pouvoir de nomination aux fonctions civiles et militaires et de limogeage de personnalités issues du PASTEF ;
  • à son ambition de cumul des fonctions de chef de son parti et de Président de la république ;
  • à la gestion des fonds secrets à des fins politiciennes qui justifie sans doute les raisons pour lesquelles le président Diomaye Faye éprouve une forte réticence à se plier à son propre serment de faire une déclaration de patrimoine à la fin de son mandat à la tête du pays.

 

Mesdames Messieurs les journalistes,

Chers camarades et militants de la gauche sénégalaise !

 

Durant les deux années passées à la Primature, Mr Ousmane Sonko a pris, dans un environnement des plus hostiles, des mesures fortes pour une gouvernance de rupture. La scène politique est encore marquée par des attaques personnelles et indécentes, des insultes qui heurtent la morale des Sénégalais et des campagnes de dénigrement systématique sur les réseaux sociaux qui témoignent toutes de la volonté des caciques de l’ancien régime à avoir, coûte que coûte, la peau du PASTEF et de son président, Mr Ousmane Sonko. Ces manœuvres perfides doivent cesser : la démocratie et l’État de droit doivent prévaloir en conformité stricte avec le mandat que le peuple a donné à PASTEF et à son président par procuration, à travers Mr Bassirou Diomaye Faye.

C’est sous cet angle que nous membres de Dooleel PIT-Senegal, analysons la loi n°17/2026 portant révision de la Constitution. Cette loi, qui a été adoptée par l'Assemblée nationale le 29 juin 2026, intègre les conclusions des Assises Nationales et les recommandations de la CNRI de même que les éléments du Pacte citoyen de gouvernance démocratique et les conclusions pertinentes des nombreux dialogues nationaux que notre pays a connus ces dernières décennies.

Bâtir une nouvelle architecture politique loin de toute velléité autocratique et de toute concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, fut-il le meilleur de tous, reste l’objectif fondamental de cette loi qu’en tant qu’alliés de PASTEF, nous soutenons de toutes nos forces parce que convaincus qu’elle permet le renforcement de notre démocratie et la consolidation des libertés et de l’État de droit dans notre pays.

Vive Dooleel PIT !!!

Vive le Senegal !!!

 

Je vous remercie de votre attention

 

Dakar, le 15 juillet 2026

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