Le blog de Nioxor Tine - Analyses politiques et syndicales au Sénégal

CONSENSUS FETIDES

28 Mars 2010 , Rédigé par nioxor_tine Publié dans #CHRONIQUE DES COLERES CITOYENNES

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  Dr Mohamed Lamine LY

Yoff-Mbenguène

Septembre 2005

 

CONSENSUS FETIDES
  • Mars 2000, sous un soleil radieux et déjà printanier, l’Alternance survient, incarnant tous les espoirs d’un peuple. Une large coalition s’est regroupée autour du nouveau président. Les députés de l’opposition, encore majoritaires au Parlement, mais intimidés par l’ampleur de la victoire du SOPI, déclarent à qui veut les entendre, qu’ils ne feront rien pour gêner le nouveau pouvoir. La voie semble largement ouverte pour mettre en œuvre le programme de la CA2000, prévoyant entre autres, l’adoption d’une nouvelle constitution pour raccourcir le mandat des députés et instaurer un régime parlementaire.

 

  • Mais le temps devient brumeux, traduisant les désaccords qui se font jour sur la poursuite des objectifs politiques de l’Alternance. Le nouveau maître des lieux semble plus intéressé par le renforcement de son propre parti que par la matérialisation du programme, sur la base duquel, il a été élu. Au lieu de miser sur l’élan populaire ayant permis la survenue de l’Alternance pour aller vers des politiques de rupture, les nouvelles autorités préfèrent parier sur le recrutement de mercenaires transhumants supposés être des porteurs de voix.

 

  • A la veille des élections législatives, le ciel se couvre complètement: l’alternance est dévoyée. La base sociale du nouveau régime a changé de nature et le programme politique ayant servi de base à son avènement est déjà relégué aux oubliettes. Il s’agit notamment de l’approfondissement de la démocratie par l’instauration d’un régime parlementaire et la séparation des pouvoirs, de l’assainissement du mode de gestion des affaires publiques…etc. La nouvelle feuille de route du pouvoir libéral est largement inspirée par les transhumants. Le mode de scrutin subit des manipulations, en vue de privilégier la composante majoritaire et la loi électorale allègrement violée, à cause de l’immixtion injustifiée du président de la république.

 

  • Après les élections législatives de 2001, une instabilité météorologique durable va s’installer dans notre pays. Ces élections consacrent, en effet, la perte de majorité de celui qui était appelé à devenir le leader bien aimé d’une révolution démocratique et qui préfèrera rester le chef d’une maffia sectaire. Les Sénégalais vivront successivement plusieurs calamités, dont la tempête ayant entraîné le naufrage du Joola, la famine en zone rurale, l’invasion de criquets, l’épidémie de choléra et enfin les inondations épouvantables de cette année.

 

  • Le parti du président, qui n’est déjà plus celui que les Sénégalais avaient porté au pouvoir, est en pleine déliquescence. Infiltré par des transhumants et géré selon le bon vouloir du prince, il s’est transformé en un gigantesque GIE, qui brade notre patrimoine foncier, pille nos ressources financières, regarde impassible notre peuple-c(h)olérique– se noyer dans les eaux pluviales et usées. Même nos morts, censés reposer en paix dans les cimetières de la banlieue ne sont pas à l’abri de la grande tourmente, qui secoue notre pays depuis bientôt cinq ans.  Notre pays est devenu une immense décharge de MBEUBEUSS, aussi bien à cause de l’accumulation des ordures ménagères que sur le plan des mœurs politiques.

 

  • Dans ces conditions, l’appel des autorités à différer pour des raisons de–météorologie politique-, les élections législatives pour les coupler avec celles présidentielles et à regrouper toutes les forces vives de la Nation pour lutter contre les calamités, que leur mauvaise gestion a générées ou aggravées, ne peut avoir que des relents fétides.

 

  • En mars 2000, toutes les conditions d’une grande et saine coalition pour sortir notre pays de l’ornière étaient réunies. En fin 2005, le peuple sénégalais souhaite tirer toutes les leçons du contre-exemple qu’a constitué le règne du président WADE, lors de la prochaine ère politique, qui sera ouverte par la défaite du camp libéral aux prochaines élections.

 

Yoff-Mbenguène, septembre 2005

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