MAINTENIR LE SÉNÉGAL SUR LES RAILS DÉMOCRATIQUES !
/image%2F0995127%2F20260823%2Fob_bced68_gemini-generated-image-sqlxgcsqlxgcsql.jpg)
Chaque fois que le Président Diomaye rencontre son prédécesseur ou ses homologues ivoirien ou français, les démocrates ouest-africains sont inquiets. Par exemple, en mai dernier, à son retour du sommet francophone d’Africa Forward de Nairobi, le Premier Ministre Ousmane Sonko avait été limogé. C’est pourquoi, le mystère entretenu autour de son récent voyage privé en France ravive toutes les inquiétudes, d’autant que le contexte politique est marqué par une recomposition politique intense, des tiraillements institutionnels sur fond d’exigence accrue de transparence.
EXACERBATION DE LA CRISE DU SYSTÈME DÉMOCRATIQUE
Si le mythe de la démocratie représentative de type occidental est en train de s’effondrer, sous nos yeux, partout dans le monde, l’Afrique occupe une place particulière, car demeurant, dans son écrasante majorité et à des degrés variables, encore sous le joug de l’impérialisme international.
Dans leurs leurs luttes inlassables pour la libération nationale et sociale, les nouvelles générations d’Africains ont appris à démasquer le double langage des puissances occidentales appelant au respect de l’Etat de droit dans le même temps où ils soutiennent des autocrates aux multiples mandats et des terroristes pro-ukrainiens.
C’est sous ce prisme qu’il faut appréhender la fronde des régimes militaires de l’AES contre une CEDEAO téléguidée par les puissances occidentales et la brillante victoire du camp souverainiste incarné par le PASTEF à l’élection présidentielle du 24 mars 2024.
C’est tout le mérite d’une frange significative de la classe politique sénégalaise, d’avoir, de manière inclusive, dès 2008, lors de la tenue des Assises Nationales, diagnostiqué la crise du système démocratique national. Et d’avoir proposé une refondation du système politique dans le sens d’un rééquilibrage institutionnel, du recouvrement de nos souverainetés perdues et d’émergence citoyenne, tous points inscrits dans un nouveau projet de Constitution relégué aux oubliettes.
C’est donc dire que les vives tensions politiques actuelles provoquées par le divorce au sein de l’Exécutif après l’épisode cauchemardesque de la fin de règne de l’APR, ne sont que la résultante d’une exacerbation de ces contradictions sociopolitiques, auxquelles le PASTEF lui-même a tardé à apporter des réponses.
UNE OPPOSITION HÉTÉROCLITE ET AFFAIBLIE
Le spectacle qu’offre une certaine opposition est affligeant et révélateur d’une inculture politique notoire, occultant aussi bien les repères historiques que les dynamiques sociales.
Face au PASTEF, symbole d’un certain renouveau politique, se dresse une opposition hétéroclite, qui au lieu de formuler des propositions alternatives et constructives, semble prôner un retour en arrière.
KIIRAAY constitué d’une mosaïque d’aventuriers et de mercenaires transhumants de tous horizons, peine à se forger une identité et semble vouloir miser sur la continuité néocoloniale. Sinon, qu’est ce qui l’empêche de chercher des plages de convergences avec le PASTEF, pour une véritable refondation de l’Etat néocolonial ?
L’APR et ses anciens affidés de Benno Bokk Yakaar semblent privilégier l’insulte, la calomnie, la désinformation, des tares innées de la galaxie libérale, qui peuvent être illustrées par deux exemples.
Celui du journal « Il est midi », dont le président Macky Sall aurait été le patron occulte, symbolise à merveille cette nouvelle école du journalisme sénégalais, qui continue de faire des ravages, avec plus de dix-sept feuilles de chou. Ils relaient les campagnes de désinformation de leurs sponsors, comme celles relatives à la libération de délinquants à col blanc, les médisances contre Ousmane Sonko et la campagne de Macky Sall à l’ONU.
On leur reproche d’être à la solde de « l’opposition milliardaire », avec des lignes éditoriales très souvent parasitées par des considérations purement mercantilistes.
L’autre exemple est constitué par la fameuse campagne de Mr Idrissa Seck, ancien bras droit de Me Wade, qui diffusait à travers les ondes, des CD au contenu très discourtois à l’endroit de son ex-mentor, malgré leur long compagnonnage et la différence d’âge qui les sépare.
Ces nouvelles pratiques marquées par la calomnie et la grossièreté au sein de l’espace politique remontent à cette époque et ont eu un impact désastreux sur l’éducation politique des jeunes sénégalais. Elles ne datent certainement pas de l’avènement de PASTEF en 2014, comme on cherche à nous le faire croire.
On observe, en outre, cette propension pathologique à judiciariser l’espace politique, espérant encore faire condamner Ousmane Sonko, pour l’écarter des prochaines présidentielles, au lieu de se préparer à l’affronter loyalement lors d’élections régulières.
FAIRE LA POLITIQUE AUTREMENT CAR LE MONDE EST EN TRAIN DE CHANGER
La première raison qui justifie l’adoption de nouvelles pratiques politiques se trouve dans le fait que notre pays se trouve dans une phase de transition entre un système pluridécennal clientéliste, d’inspiration néocoloniale et un anti-système avec de forts relents souverainistes et anti-corruption. Des actes forts ont été posés dans ce sens comme l’auto-financement du PASTEF, les commissions d’enquêtes, nouvel OFNAC…
Au-delà du tintamarre sur la scène publique et dans les réseaux sociaux, transparaît une farouche détermination d’instaurer une transparence dans la gestion des affaires publiques ainsi qu’une volonté de séparation et d’équilibre des institutions.
KIIRAAY, en s’opposant fermement aux réformes constitutionnelles et à celles sur la régulation des fonds secrets, proposées par le groupe parlementaire PASTEF, se situe, qu’il le veuille ou non dans le camp du système, celui de la continuité néocoloniale.
Le PASTEF, de son côté, malgré ses limites et ses erreurs, n’en reste pas moins, un défenseur intransigeant d’une transformation sociale profonde, qu’il doit davantage s’approprier et qu’il devra être le premier à mettre en œuvre. De fait, « une alternance ne transforme pas mécaniquement l’État. Elle ouvre une possibilité. »[i]
Et pourtant, certains hommes politiques de l’Opposition, qui ne sont pas de simples opérateurs politiques se vendant au plus offrant, reconnaissent les mutations sociales en cours et qui ne sont pas à mettre sur le compte d’une seule personnalité, aussi « messianique » et charismatique, qu’elle puisse être !
Ils avouent avoir tardé à comprendre que « les nouvelles générations recherchaient moins des allégeances que du sens, moins des promesses que des perspectives, moins des chefs que des projets et reconnaissent que c’est dans cet espace laissé vacant que PASTEF a construit sa progression. Ils affirment, plus loin, que leur retour (illusoire) au pouvoir « suppose une remise en question sincère, un renouvellement profond des méthodes, des femmes et des hommes, des pratiques, mais surtout du projet politique lui-même. [ii]» Cela veut dire que la politique doit cesser d’être une arène où tous les coups tordus sont permis et redevenir un espace de compétition saine et loyale, arbitrée par le peuple souverain
Les élites issues du monde politique et de la société civile doivent comprendre que le système politique qu’ils connaissent et à l’ombre duquel, ils ont grandi, est en train de rendre l’âme.
Le modèle occidental, qui leur sert de référence culturelle et idéologique, vit ses derniers jours et de nouvelles puissances émergent, bien décidées à mettre fin à l’hégémonie des valeurs occidentales, centrées sur le profit et l’exploitation des autres peuples.
C’est un mouvement irréversible, qu’on peut certes ralentir, mais qu’il est impossible d’arrêter.
[i] Dr Ndèye Astou Ndiaye : De la rupture à l’épreuve du pouvoir, où est passé l’État ?
[ii] Abdou Khafor Touré : La recomposition politique post-alternance de 2024
NIOXOR TINE
INFORMATION
/image%2F0995127%2F20180325%2Fob_1e8be4_logo-nioxor-tine.png)